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Musique de la semaine

Arundo Donax

17 février 2010 3 17 /02 /février /2010 14:29



Quand l'illusion quitte l'espace du rêve solitaire pour celui du fanatisme ou de l'hystérie sectaire, quand elle met en péril l'équilibre collectif et les libertés individuelles, il revient à la société toute entière de prendre conscience des dangers que la distorsion de la réalité chez quelques uns fait courir à tous.


Les dérives de l'idéologie marxiste sont exemple frappant de cette entreprise de soumission de masse par quelques théoriciens qui substituèrent à un impérialisme obscurantiste une divinisation du réel d'une toute autre nature - et avec les succès que l'on sait.

L'illusion doit-elle être détruite?


Oui, quand elle fait manifestement régresser la société, et on pourrait ici nous rétorquer que cela pose le problème du choix des valeurs qui la fondent. Edicter que la vérité est grise et non point jaune ou bleue relève bien d'un pouvoir.  Mais si la société fait le choix de valeurs modérées et qui lui semblent progressistes, c'est pour leurs vertus modératrices et surtout, faute de mieux.


L'illusion peut-elle être détruite?

Probablement pas, sauf à entreprendre de détruire la vie.
Personne ne pourra jamais pénétrer une autre conscience et perdre les illusions de celle-ci en ses lieux et place.
C'est ce qui rend si complexe l'équilibre entre ce que notre société estime compatible avec les progrès de la raison et les valeurs, parfois très éloignées des nôtres, d'autres cultures.

En outre, parce que ses rêves le sauvent de la torpeur, de l'ennui ou même du suicide, l'homme peut toujours échafauder un autre rêve sur celui que l'on s'acharne à disloquer en lui.

Que l'on songe simplement à l'illusion de la liberté qui tint chaque jour droite et ferme la plume de Primo Levi jusqu'à sa délivrance des camps d'Auschwitz.

Enfin,  si l'homme obéit à un déterminisme, si sa liberté est celle que Dieu a pensée pour lui, si ses illusions participent d'une ruse supplémentaire de la Raison, il devient impossible de les détruire, car elles s'inscrivent dans un processus d'une toute autre dimension que celle de notre avenir immédiat.

Au-delà de ces questions se pose celle du choix entre deux philosophies. Celle de Nietzsche, consciente des limites de l'humain et qui les transcende dans une esthétisation de la Vie. Ou bien celle de Spinoza, confiante dans le pouvoir de la Raison et qui nous propose une adhésion joyeuse à une Vérité dépouillée des oripeaux de l'illusion.

Est-il possible de réconcilier les contraires?
" Farce et tragique. Comment trouver l'accord de ce désaccord? " ( Shakespeare, le songe d'une nuit d'été, acte V sc. 1)



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publié par Viviane Lamarlère - dans Mes Philosophes
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