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Musique de la semaine

Arundo Donax

19 mai 2009 2 19 /05 /mai /2009 09:16




Tu es venue.
Je t’attendais.

Savoures-tu la beauté de ce jour silencieux
    ses marges
        d'une étroitesse à faire vaciller.

Tu es venue. Tu n’es pas comme les autres.
Cœur cendré pommettes feu de brousse aux flammes enfoncées
jusqu’à l’os.

Tu n’es pas comme les autres.
Ta peau est mate.
                Tu es venue
fleuve retourne au fleuve des lumières souterraines
tu es venue.

Il n’y a plus rien ici.
La maison tombe en ruine.
Je t'ai trouvée courageuse de franchir cette enceinte, monter dans la chambre, renouer avec le passé.

Tu es mon seul espoir, je suis le tien.

J’ai senti tout de suite que tes mâchoires cachaient des cris à fendre les vallées, à courber les grands arbres si désespérément droits, les faire divorcer du chenal où leurs pauvres racines se rangent des bateaux. Que tu venais pour nous.

C’est bien
ce que tu as fait
nous sortir au soleil en me serrant contre ton ventre. Il ne t’a pas semblé bizarre cet humide contre toi qui collait tes cheveux, noyait ton chemisier...?

Si. Mais.
Rien.
C’est tout ce que tu as dit.

Si tu savais la rondeur, le livide ou l’aigu des visages qui se laissèrent aller dans la nuit sur mon coton jauni, si tu savais combien j’ai desséché mes larmes pour accueillir celles des autres
        en me serrant tout seul
                    au centre de mes coutures.

Pleurer ça fait du bien
        mais il faudrait le faire d’un coup
    pour toutes les occasions passées ou à venir.

Venir.

Tu as bien fait de venir.
On va faire un échange.

    Les larmes qui m’ont mouillé jusqu’à l’étouffement
les chagrins singuliers qui se ressemblaient tous
        je vais te les offrir
à toi qui, quand tu me rejoignais, t'es toujours interdit leur piqûre goûteuse pour ne pas rajouter à ce sel qui m'inonde

Je me sècherai d'elles en y joignant les miennes.
Nous saurons enfin ce qu'est la complêtude.

Ensuite, si tu veux bien, on partira tous deux en se serrant très fort
dans ces marges qui racontent ce que nous nous cachons

et là
    tu poseras ta nuque sur mes rondeurs ouatées,
        tu dénoueras tes muscles, pour la première fois
            ton sourire agenda glissera vers l'oubli...
 
On ne verra pas plus loin que le présent





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publié par Viviane Lamarlère - dans Fictions courtes
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