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Musique de la semaine

Arundo Donax

17 février 2009 2 17 /02 /février /2009 08:37




Manifeste des Casseurs de Pub




Par souci d'honnêteté, j'ai inscrit en bleu épais ce que je vis déjà
en rouge ce que je n'ai pas encore appliqué...

1 - Se libérer de la télévision  ( Nous n'avons plus la télé depuis bien six ans)

Pour rentrer dans la décroissance, la première étape est de prendre conscience de son conditionnement. Le vecteur majeur de ce conditionnement est la télévision. Notre premier choix sera de s’en libérer. Comme la société de consommation réduit l’humain à sa dimension économique — consommateur —, la télévision réduit l’information à sa surface, l’image. Média de la passivité, donc de la soumission, elle ne cesse de régresser l’individu. Par nature, la télévision exige la rapidité, elle ne supporte pas les discours de fond. La télévision est polluante dans sa production, dans son usage puis comme déchet. Nous lui préférerons notre vie intérieure, la création, apprendre à jouer de la musique, faire et regarder des spectacles vivants...
Pour nous informer nous avons le choix : la radio (sans pub), la lecture (sans pub), le théâtre, le cinéma (sans pub), les rencontres, etc.

2 - Se libérer de l’automobile
( pas encore totalement libérée, je l'utilise une fois par semaine pour acheter des produits que je ne pourrais ramener à pied )
Plus qu’un objet, l’automobile est le symbole de la société de consommation. Réservée aux 20 % les plus riches des habitants de la Terre, elle conduit inexorablement au suicide écologique par épuisement des ressources naturelles (nécessaires à sa production) ou par ses pollutions multiples qui, entre autres, engendre la montée de l’effet de serre. L’automobile provoque des guerres pour le pétrole dont la dernière en date est le conflit irakien. L’automobile a aussi pour conséquence une guerre sociale qui conduit à un mort toutes les heures rien qu’en France. L’automobile est un des fléaux écologique et social de notre temps.
Nous lui préférerons : le refus de l’hypermobilité, la volonté d’habiter près de son lieu de travail, la marche à pied, la bicyclette, le train, les transports en commun.

3 - Refuser de prendre l’avion
Refuser de prendre l’avion, c’est d’abord rompre avec l’idéologie dominante qui considère comme un droit inaliénable l’utilisation de ce mode de transport. Pourtant, moins de 10 % des humains ont déjà pris l’avion. Moins de 1% l’emprunte tous les ans. Ces 1 %, la classe dominante, sont les riches des pays riches. Ce sont eux qui détiennent les médias et fixent les normes sociales. L’avion est le mode de transport le plus polluant par personne transportée. Du fait de sa grande vitesse, il artificialise notre rapport à la distance.
Nous préférerons aller moins loin, mais mieux, à pied, en roulotte à cheval, à bicyclette ou en train, en bateau à voile, avec tous les véhicules sans moteur.

4 - Se libérer du téléphone portable
Le système engendre des besoins qui deviennent des dépendances. Ce qui est artificiel devient naturel. Comme nombre d’objets de la société de consommation, le téléphone est un faux besoin créé artificiellement par la pub. “ Avec le mobile, vous êtes mobilisable à tout instant ”. Avec le portable nous jetterons donc les fours micro-onde, les tondeuses à gazon et tous les objets inutiles de la société de consommation.
Nous préférerons au portable le téléphone, le courrier, la parole, mais surtout, nous tacherons d’exister par nous-même au lieu de chercher à combler un vide existentiel avec des objets.

5 - Boycotter la grande distribution
La grande distribution est indissociable de l’automobile. Elle déshumanise le travail, elle pollue et défigure les pourtours des villes, elle tue les centres-ville, elle favorise l’agriculture intensive, elle centralise le capital, etc. La liste des fléaux qu’elle représente est trop longue pour être énumérée ici.
Nous lui préférerons : avant tout moins consommer, l’autoproduction alimentaire (potager)puis les commerces de proximité, les marchés, les coopératives, l’artisanat. Cela nous conduira aussi à consommer moins ou à refuser les produits manufacturés.

6 - Manger peu de viande ( Nous consommons essentiellement volailles et poisson, pratiquement plus de porc ou de boeuf )
Ou mieux, manger végétarien. La condition réservée aux animaux d’élevage révèle la barbarie technoscientifique de notre civilisation. L’alimentation carnée est aussi une grave problématique écologique. Mieux vaut manger directement des céréales plutôt que d’utiliser des terres agricoles pour nourrir des animaux destinés à l’abattoir. Manger végétarien ou manger moins de viande doit aussi déboucher sur une meilleure hygiène alimentaire, moins riche en calories.

7 - Consommer local
Quand on achète une banane antillaise, on consomme aussi le pétrole nécessaire à son acheminement vers nos pays riches. Produire et consommer local est une des conditions majeures pour rentrer dans la décroissance, non dans un sens égoïste, bien sûr, mais au contraire pour que chaque peuple retrouve sa capacité à s’autosuffire. Par exemple, quand un paysan africain cultive des fèves de cacao pour enrichir quelques dirigeants corrompus, il ne cultive pas de quoi se nourrir et nourrir sa communauté.

8 - Se politiser: Nous nous investissons associativement et en faveur de ce combat pour la décroissance.
La société de consommation nous laisse le choix : entre Pepsi-Cola et Coca-Cola ou entre le café Carte noire et le café “ équitable ” Max Havelaar. Elle nous laisse le choix de consommateurs. Le marché n’est ni de droite, ni du centre, ni de gauche : il impose sa dictature financière en ayant pour objectif de refuser tout débat contradictoire et tout conflit d’idée. La réalité serait l’économie : aux humains de s’y soumettre. Ce totalitarisme est paradoxalement imposé au nom de la liberté de consommer. Le statut de consommateur est considéré comme supérieur à celui d’humain.
Nous préférerons nous politiser, comme personne, dans les associations, les partis, pour combattre la dictature des firmes. La démocratie exige une conquête permanente. Elle se meurt quand est elle abandonnée par ses citoyens. Il est aujourd’hui temps de lui insuffler les idées de la décroissance.

9 - Développement personnel
La société de consommation a besoin de consommateurs serviles et soumis qui ne désirent plus être des humains à part entière. Ceux-ci ne peuvent alors tenir que grâce à l’abrutissement, par exemple, devant la télévision, les “ loisirs ” ou la consommation de neuroleptiques (Proxac...).
Au contraire, la décroissance économique a pour condition un épanouissement social et humain. S’enrichir en développant sa vie intérieure. Privilégier la qualité de la relation à soi et aux autres au détriment de la volonté de posséder des objets qui vous posséderont à leur tour. Chercher à vivre en paix, en harmonie avec la nature, à ne pas céder à sa propre violence, voilà la vraie force.

10 - Cohérence
Les idées sont faites pour être vécues.

Si nous ne sommes pas capables de les mettre en pratique, elles n’auront pour seules fonctions que de faire vibrer notre ego.

Nous sommes tous dans le compromis, mais nous cherchons à tendre à plus de cohérence. C’est le gage de la crédibilité de nos discours. Changeons et le monde changera.

Cette liste n’est bien sûr pas exhaustive. A vous de la compléter. Mais si nous ne cherchons pas à tendre vers cette recherche de cohérence, nous serons réduit à nous apitoyer très hypocritement sur les conséquences de nos propres mode de vie. Evidemment, il n’est pas de mode de vie “ pur ” sur la Terre. Nous sommes tous dans le compromis et c’est bien ainsi.


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publié par Viviane Lamarlère - dans Simplicité Volontaire
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commentaires

Ut 21/02/2009 16:10

Pardon: Viviane: deux plantes, j'ai fait l'amalgamme ;)

Russalka 22/02/2009 10:03


Pas de souci, deux plantes, c'est un début de bouquet ;o))


Ut 21/02/2009 16:09

J'adhère à tout ça, bien sûr. Tu l'as très joliment illustré d'aillerus.Là où j'ai le plus de mal, c'est le téléphone portable qui m'est cordon ombilical avec mes gosses: je n'ai pas accès aux 06 au boulot, et certains de mes enfants n'ont qu'un SMS à m'envoyer pour me demander de l'aide...La voiture, ben tout simplement je ne l'ai pas faite passer au contrôle technique... mais je peux êtree olbigée de la prendre si le service me le demande (rappel urgent, par exemple). J'ai demandé ma mutation; peut-être qu'un de ces jours je pourrai la jetter!Par contre jee prends le train... et ça pue le diésel. Juré! Il y a un fil électrique au-dessus de la loco qui est équipée pour fonctionner électriquement... et vas y que je fais un bruit d'enfer et que les wagons sont empuantis de reliquats de diesel...! Il fallait que ce soit dit.On pourrait aussi parler de toutes ces bombes à enlever les odeurs, que ce soit sous les bras ou ailleurs...De toutes ces lingettes à jamais s'auto-détruire; de ces merdes qui soit disant remplacent l'huile de coude :)Mais si chacun s'y mettait rien qu'un peu....Bises, Violette. Merci pour nous.

Russalka 22/02/2009 10:02


Tu sais, le manifeste des casseurs de pub précise bien que nous vivons dans des compromis. Il en est de plus acceptables que d'autres et apr exemple je suis puriste
sans doute, mais je trouve impardonnable de continuer d'emprunter l'avion pour se rendre dans des pays lointains en vacances, et ce d'autant moins pardonnable que l'on se dit comme certaines "
sensibilisée"

Si ta voiture est comme la mienne, ce doit être une réserve de mousse ( elle couche dehors et fait très honte à mes enfants...)
Et puis tu as raison de rappeler ces produits à durée de vie si éphémère qu'on se demande pourquoi les consommateurs ne comprennent pas qu'ils se font berner en les achetant.

les aérosols, oui, rien que le contenant est un non sens. les lingettes à tout nettpyer quand un bon vieux chiffon... mais tu as raison, poursuivons la sensibilisation et gardons le cap!


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