Poésie, symbolique du monde, les quatre éléments, contes, écoute, accompagnement, musique
Le docteur Bonenfant cherchait dans sa mémoire, répétant à mi-voix : " Un souvenir de Noël ?... Un souvenir de Noël ?... " Et tout à coup, il s'écria : - Mais si, j'en ai un, et un bien étrange encore ; c'est une histoire fantastique. J'ai vu un miracle...
Alors nous partirons Nos pieds écacheront des visages de bouse au soleil crevassés, une fleur insolente fichée dans le front. Notre peau aimera subira oubliera la poussière pointue qui s'envole des champs Dis, doucement, dis-moi l'insouciance du pli avant...
Au tout début instant zéro Au cœur du bois au bout des doigts le brasero Puis un hoquet de l’épigastre phosphorescent répandant sons, lumière, sens épars, pillant des astres. Entendez vous dans le chaud hier le feulement d’une femelle ventre fournaise...
La plaza d'Alquezar en pays d'Aragon Est douce du silence que le soleil étend A l'heure de la sieste au creux des grands canyons Suspendus en draps rouges plissés par le vent. L'ancienne collégiale au grand piton perchée D'une rousseur dorée captive le...
La neige si lente si légère esquisse les contours d’un délicieux désastre Il n’y a plus de flamme verte on a éteint les arbres le sol est blanc comme un larcin au petit jour Mais au-delà de la fenêtre un reflet vient à moi contourne le silence et trace...
Un peu de ma peau vive est restée sur la route, écorchure séchée sur le ruban des nuits mais c’est toujours cela que n’aura pas l’oubli Un peu de mes yeux noirs est resté dans l'érable brillance passagère, vitré cherchant semailles et c’est toujours cela...
Décembre 1967. L’aéroport du Bourget se remplit de ces cohortes de coopérants mal réveillés qui après deux mois de vacances en métropole repartent, pour la plupart, vers un pays à découvrir. On lit sur les visages la même fatigue que sur le skaï effondré...
Tu ignores leur nom mais tu sens leur présence ce sont leurs doigts qui tirent la chaleur vers le haut lorsque ton souffle peine à raviver la flamme Assis autour de toi Ils unissent leurs âmes petites étincelles plus douces que la mamelle où tu puisais...
Jusqu’au bout du soleil s'évade le Muezzin Goutte à goutte elles vont, Caravanes ventrues qu’aspire l’horizon . Vent du Sud les incline, Continuo résigné sur la dune en feston. Le Diable Vent du Sud La couche Sur le sable Agades la farouche. Et le ciel...
Vingt et deux s'appuie sur son bâton d'or Vetu de son regard, il marche Vers l'absence. Vingt et deux refuse la Cité des hommes Vains palais fumeux, somptueuses marches Vénéneuses présences. Vingt et deux ignore l'attraction des fausses Valeurs grimaçantes,...
Un merle , va et vient noir entre l’ombre le jour coulisse ses chansons au pied du mur lettré de pi R deux carrées Une herbe bleue d’avance que risque la nuit aux regards en coulisse sur ses brins trop charnus rentre dix pieds sous terre et qui rencontre-t-elle...
L’enfant nom masculin pluri-elle Je n’en veux pas aux dictionnaires ils font ce qu’ils pleuvent d’approximations mais je traîne avec moi le souvenir de n’avoir pas été le garçon attendu mi fille mi-raison On touche à la folie quand on s’appelle un autre...
Prière d' esquisser le son du virginal anamnèses sauvages A justifier à droite à gauche en haut en bas ? Non ! Surtout pas....! Malheureuse! Ne rien figer laisser éclore les fleurs de transparence crever les boursouflures le flasque du pétrin écouter...
Mon ailleurs mon je même mon double caramel mon autre impro vie soir jeu thème éparpillé toujours recommencé mon addition de tout mon présent infini mon passé mon futur te trouverai-je un jour au pays des sans nombres ? Mon doux impérissable et déjà embaumé...
Qu’il est beau cet oiseau , ses ailes poudre bleue Posées sur mes iris découpent dans l’air blanc des losanges qui glissent Et je vais faire un vœu. Que pourrais-je rêver ce matin qui s’éveille Encore un Mais un beau, tout empli des barques du soleil...
Le ciel est bleu pincé de longues trainées blanches plaies de neige saignées d'où me vient l'impression qu'elles souffrent aussi? Jour me cogne et me happe et me flambe et me hâte vers d'orpailleurs deltas, intenses latitudes de quoi saoûler mes yeux...
Hier tu es venu si mince si beau si ample De ta simplicité la table était couverte Ta vie est d’aléas de ces choses dont personne de ton âge ne voudrait Tu n’as pas de besoin Tu n’as d’autre ambition que d’accueillir les autres pour ce qu’ils t’ o ffrent...
Je veux des mots sans masque sans visage sans nom si lents que leur défaite semblerait un triomphe Je veux des mots pour dire les vertiges qu’on a quand au lointain les arbres sont comme des falots arrachés au brouillard Je veux des mots posés aux marges...
Dessine-moi le temps les pistes poudre riz insouciantes des champs où gémit le sorgho, les heures à l’affût du silence et de l’ombre en triangle pliés sous le nombre des branches Dessine-moi les sentes la vie comme un serpent qui écarte les pierres et...
Pour toi, si courageuse . Parce qu'il ne faut pas jamais cacher la vérité aux enfants. Il a fallu une heure pour que tu traverses le grand hall qui sépare l'entrée de l'hopital du dépositoire où reposait ta maman. Une heure durant laquelle, toi qui a...
Il peut bien y avoir des glaciers des moraines j’irai. Le temps s'embouclera sur mes questions sans fin Un jour ma terre douce amande un jour je reviendrai nourrir tes odelettes et dans les grands canyons aux robes stupéfaites me gorgerai de pluies en...
Celui-là, je l’avais bien gagné. Celui- là, il était beau et d’une taille inhabituelle. J’avais passé une bonne partie de cette très chaude après-midi du mois d’août à me griffer dans les ronciers dont je surveillais jour après jour l’éclosion des baies....
J'ai trouvé il y a peu chez ma vieille maman un vieux cahier d'école qui me tenait lieu de carnet intime premiers poèmes premières inquiétudes premiers rêves Il était très beau j'y avais recopié à l'oreille le livret entier du Faust de Gounod dans la...
C'est une toute petite route des Landes. On n'y voit jamais personne. Le paysage y est odorant et doux, d'un aimable fouillis dans lequel s'emmêlent la laine des troupeaux, les copeaux de pins et la végétation. J'ai toujours été étonnée des panneaux indicateurs...
Lorsque j'étais enfant Ma bouche aimait toucher les grosses pierres grises Dont était faite la maison. Je promenais mes lèvres sur les colimaçons Tout englués dedans leur calcaire chemise. J'aimais leur douceur lisse, leur humeur annelée Meme si quelques...